la Révolution

la Révolution

 

Rebaptisé 3ème Régiment de Hussards en 1791 (après avoir été pendant un très court moment le 4e Hussards), le régiment se distingue lors des campagnes de la révolution au sein de l’Armée du Nord (1792), des Pyrénées orientales (1793) et de la Moselle (1793 à 1799).

 

1792 : l’Armée du Nord

Affecté à l'armée du nord du général de BIRON, le 3° Hussards fit ses premières armes au cours de la difficile retraite de Valenciennes-sur-Mons, les 29 et 30 avril 1792. Il y acquit d'emblée la réputation d'une troupe d'élite et mérita les félicitations du général pour la façon dont il avait assuré l'arrière-garde sous les ordres du lieutenant-colonel de FROISSY de BRISSON, sans se laisser le moins du monde entamer, sauvant ainsi l'Armée d'un désastre certain.

 

Après plusieurs engagements heureux, le 3ème Hussards se retrouve le 10 août enfermé dans Thionville assiégée. Le commandant de la place ayant demandé des volontaires pour transmettre une lettre à Metz, trois hussards se présentent : Dordelin, Honel et Bastoul. Chacun d'eux reçoit un exemplaire du pli et ils se lancent au galop, chacun dans une direction différente. Dès leur départ, la fusillade crépite de toutes parts. Dordelin et Honel sont tués. Bastoul est touché lui aussi, mais il enfonce ses éperons dans les flancs de son cheval. Soudain un groupe d’Autrichiens lui barre la route. Le sabre à la main, Bastoul, quoique percé de coups de baïonnette, tente de s’ouvrir un chemin, il fonce au milieu de ses adversaires, les bouscule, s’échappe et arrive à Metz où il tient à remettre, lui-même, sa dépêche au général. Sa mission remplie, il salue, glisse sur le sol et meurt, tel le héros de Marathon portant à Athènes l’annonce de la victoire de Miltiade.

le 3e Hussard pendant la Révolution

Enfin, le régiment s’illustre tout particulièrement le 20 septembre 1792, lors de la bataille de Valmy. Sa participation à la bataille (la cavalerie est l’une des rares unités à avoir réellement combattu ce jour là) lui vaudra l’inscription de VALMY sur son étendard à l’occasion du bicentenaire de la révolution. Pendant toute cette période, le régiment figure rarement à des combats importants mais participe à toutes les actions périlleuses, coups de main ou raid à mener, faisant preuve d’audace et de discipline.

 

1793-1799 : l’Armée de Moselle

Au printemps de l'année 1793, le régiment est affecté à l'avant-garde de l'Armée de Moselle, en Belgique. Dès son arrivée, en mai, un détachement de 150 hussards du 3e met en déroute une colonne austro-hollandaise, faisant un grand nombre de prisonniers et capturant 9 pièces d'artillerie. Le 7 juin, au combat d'Arlon, il confirme sa réputation de troupe d'élite en chargeant le célèbre régiment de chevau-légers de RINSKY avec une telle vigueur que ceux-ci, saisis de panique, s'enfuient épouvantés, laissant entre nos mains un grand nombre de prisonniers et des approvisionnements considérables. Au cours de ce combat, le maréchal des logis FÖHR avait fait un prisonnier et capturé un cheval. Tout à coup, il aperçoit dans la mêlée son capitaine aux prises avec deux chevau-légers. Il abandonne aussitôt son prisonnier et son cheval et dégage le capitaine.

 

Le 12 septembre 1793, un détachement de 16 hussards et 40 fantassins, envoyé en reconnaissance sur la route de Thionville à Luxembourg, fut attaqué à l’improviste près d’Evrange par une colonne comptant plus de 1500 baïonnettes et 600 sabres. Le détachement dut battre en retraite, mais la cavalerie ennemie s’élève sur les flancs de la colonne et prend position sur ses arrières. Prise entre deux feux, l’infanterie se jette dans le bois de Preich. Les 16 hussards, se rappelant de leur devise « Il en vaut plus d’un », s’élancent à corps perdu, le sabre haut contre ces 600 cavaliers qui leur barrent la route. Le choc est si brutal que la poignée de braves réussit à percer la muraille vivante, poursuivie par les uhlans. Sabrant désespérément, perdant trois des leurs percés de coups de lance, ils sont finalement recueillis par les avant-postes des lignes françaises.

 

Ainsi, de jour en jour, s'accroissait la réputation du 3e Hussards et, le 3 octobre 1793, le général DELAUNAY, commandant l'Armée de Moselle, écrivait au ministre de la guerre : "Le 3e régiment de Hussards est au dessus de tout éloge".

 

Le 23 décembre, à Froeschwiller, l'Armée française hésitait devant les prussiens formidablement retranchés et disposant d'une impressionnante artillerie. Le général HOCHE passe devant le front du 3e Hussards et, montrant les pièces, s'écrie : "Camarades ! à six cents livres les canons prussiens !" Aussitôt les escadrons, commandés alors par le chef d'escadrons LEBRUN de la HOUSSAYE, exécutent plusieurs charges sous un feu d'enfer et s'emparent de 28 pièces de canon, faisant en outre 1500 prisonniers. Les maréchaux des logis KIEFFER et WALDECK, le brigadier CHRISTIAN et le Hussard OSTER qui s'étaient emparés de trois canons reçoivent, outre les six cents livres promises, sabres et mousquetons d'honneur qui tenaient lieu à cette époque de décorations. Le chef d'escadrons de la HOUSSAYE fut cité à l'ordre et HOCHE mentionna dans son rapport le 3e Hussards comme étant un des régiments qui s'étaient le mieux comportés.

 

Le 26 décembre, l'unité participe aux charges brillantes exécutées par la cavalerie contre les autrichiens à Wissenbourg. L'ennemi perdit dans cette bataille 300 tués et blessés, 500 prisonniers, 2 drapeaux et 16 canons.