la première guerre mondiale

La première guerre mondiale

 

 

 

Les grandes chevauchées de 1914

Le régiment quitte Senlis le 1er août 1914 et se dirige vers la Belgique. Le début de la guerre le voit conduire des missions de reconnaissance, de “découverte” à la recherche des avancées ennemies.

 

Le 21 août, le lieutenant d’Argenlieu (3e Escadron) conduit une reconnaissance qui doit renseigner sur la présence d’infanterie allemande vers le village de Vicsville. Il raconte :« Je pars et rallie facilement Gambriels. Il n’y a pas trace d’infanterie ennemie, mais je distingue très bien à 800 mètres à l’est de nous un peloton arrête, qui m’a l’air d’être allemand ; je l’observe à la jumelle. Aucun doute, ce sont des uhlans. J’envoie Gambriels à Baudoux demander qu’on m’envoie le reste du peloton. A ce moment, les Uhlans se mettent en mouvement et s’engagent dans une coulée qui les dérobe à nos vues, cherchant évidemment à nous couper de Baudoux. Nous accomplissons au trot une marche parallèle qui nous ramène dans le chemin, assez encaissé, qui relie Baudoux à Vicville.

 

L’éclaireur chargé d’observer la marche des allemands nous signale leur présence dans ce dernier village. Nous lâchons le chemin, je me jette dans un terrain découvert qui nous permettra «d’y aller». J’ai la satisfaction d’être rallié par Gambriels et 6 autres de mes cavaliers. Les uhlans apparaissent à la sortie du village, ils poussent des hurlements et agitent leurs longues lances. Ils sont à 300 mètres et se forment en bataille face a nous. J’enlève mon monde au galop. Je sens mes hussards en ligne sur un rang derrière moi, bien en mains, bien vibrants, j’évoque le souvenir de mon examen de sortie de Saint-Cyr a Satory, et je crie : « Pour l’attaque... Chargez... ! »

Ma jument tire à pleins bras. Couché sur l’encolure, le sabre bien tendu, je vise l’officier ennemi à la poitrine. Son cheval fait un brusque écart ; ma pointe érafle son épaule et je le dépasse. Nous traversons aisément le peloton ennemi. Les rangs sont très ouverts et les pointes des lances très hautes. J’ai grande peine à arrêter ma jument. Quand je réussis à lui faire demi tour, j’aperçois des uhlans fuyant dans toutes les directions, quelques corps sont couches sur le sol. Je prends comme objectif les cavaliers ennemis les plus proches. J’ai vite fait d’en rattraper un. Je le pique dans le dos, de la pointe de mon sabre. Il se retourne sur sa selle en gémissant et s’abat dans une haie à quelques mètres de la. Mes hommes m’ont rallié. Nous continuons à donner la chasse, mais 2 ou 3 uhlans démontés se sont installés derrière des javelles et commencent a nous fusiller. Je fonce droit sur l’un d’eux. J’entends siffler une balle à mon oreille, mais j’ai maintenant l’impression d’être sur l’Allemand et de le tenir au bout de ma lame. Il lâché un second coup de feu. Mon cheval s’effondre et je roule a terre. J’entends Flahaut crier : « A l’officier ». Quand je me relève, je vois l’Allemand basculer brusquement, un de mes hommes démontés, Clesse, vient de le tuer à bout portant d’un coup de carabine. »

la copie du drapeau du 94e Landwher

conservée en salle d'honneur du régiment

Le 10 septembre 1914, engagé dans la bataille de l’Ourcq, alors que le régiment conduit des reconnaissances sur le flanc des armées ales, le CNE SONNOIS (commandant le 3e Escadron) s’empare du drapeau du 94e Landwher. Une copie se trouve en salle d’honneur et l’original a été envoyé aux Invalides.

 

Entre septembre et novembre, le régiment prend part à “la course à la mer” visant à couper la route aux Allemands descendant de Belgique. Du 21 au 24 septembre, le régiment participe notamment aux violents combats autour de Roye, en Picardie. La bataille d’Artois, qui débute à l’automne 1914 permet aux hussards de s’illustrer autour d’Arras et sur l’Yser. Les engagements remportés entre les 5 et 9 octobre 1914, en particulier autour de Notre-Dame de Lorette, seront récompensés par de nombreuses citations individuelles. Ces actions permettent surtout la jonction de deux divisions du 21e corps dangereusement éloignées.

 

Le 14 octobre 1914, la prise de Riez-Bailleul vaut aux 2e, 3e et 4e escadrons d’être cités à l’ordre du corps de cavalerie. Le 18 octobre, la cavalerie a tellement perdu de chevaux qu’un escadron par régiment est contraint de poursuivre le combat à pied. Épuisé après le violent combat de Fournes le 20 octobre, le régiment est placé en réserve de la division, mais il se retrouve le 2 novembre, en avant-garde, près du mont Kemmel en Belgique et participe à la course à la mer.

 

La guerre s'enlise

Entre 1914 et 1918, la guerre s’enlise et, comme nombre de régiments de cavalerie, le 3e Hussards démonte et s’engage dans la guerre des tranchées, entrecoupée par de courtes périodes d’attente à cheval, dans l’espoir vite déçu d’une percée qui ne se réalise pas. Les pertes étant lourdes dans l’infanterie, un certain nombre de cavaliers sont envoyés combler les rangs, amenant indirectement à une réduction des escadrons à 3 pelotons.

 

De mi 1917 à mars 1918, tout le 1er corps de cavalerie fut stationné au camp d’instruction de Blérancourt et participa à l’industrialisation du secteur de l’Aisne : perfectionnement des organisations défensives, ateliers de réparation de matériels militaires et agricole, aide à la population, travaux agricoles, amélioration des voies ferrées, ateliers de scierie, transport de munitions, construction de batteries lourdes d’artillerie, etc… Certaines unités dont le 3e Hussards participèrent à des actions de police pour le maintien de l’ordre.

 

1918 : le retour des grandes offensives

En 1918, une offensive allemande sur Amiens lui donne l’occasion de se distinguer de nouveau. Parcourant 400kms en 4 jours, le régiment vient combler la brèche que l’ennemi a faite au mont Kemmel. Isolé, sans renforts et au prix de pertes considérables, il endigue la poussée allemande. Le bataillon Guérard (deux compagnies : la compagnie Fraguier (1er et 2e Escadron) et la compagnie Lagarenne (3e et 4e Escadron)) est très lourdement touché. La compagnie Fraguier, ayant perdu tous ses cadres (blessés), est commandée par le maréchal-des-logis Pignol. Le capitaine de Lagarenne est tué à la tête de sa compagnie le 29 avril.

 

Le 27 mai, sur l’Ourcq, une nouvelle attaque allemande crève le front français. Le 3e Hussards est engagé le 31 mai, recueillant des troupes alliées éparses et arrêtant les éléments ennemis progressant dans la région de Troesne. Le 2e escadron conduit l’attaque à pied sur Norroy. Le 2 juin, sans secours d’artillerie, lors d’une contre-attaque menée contre des forces très supérieures, le lieutenant-colonel Guérard est grièvement blessé : amputé du bras gauche, il meurt des suites de ses blessures. Lorsque le régiment est relevé le 3 juin, les cavaliers n’ont pas mangé depuis quatre jours et ont effectué un raid à cheval de 200 kilomètres.

 

Le 25 juin 1918, le régiment passe au 2e corps de cavalerie et est engagé sur la Marne dès le 1er juillet dans la région de Montmirail. Les 17 et 18 juillet, à pied, les hussards parviennent à déloger l’ennemi à l’ouest d’Epernay après de durs combats au corps à corps. Après la prise de la ville de Montvoisin, le régiment bascule en réserve. Remontés à cheval le 20 juillet, il participe à la poursuite des troupes allemandes qui résistent vivement et continue le combat jusqu’à l’armistice.

le CNE de Lagarenne

(alors lieutenant) en 1913

tué à la tête du 4e escadron en 1918

 

Une fois la paix signée, le régiment s’installe à Strasbourg.