l'empire

L'Empire

 

 

Sous l’Empire, le régiment continue de se distinguer, notamment lors des grandes charges de cavalerie.

 

Au passage du Rhin, le 26 septembre 1805, un hussard sauve la vie de son capitaine qui l’avait cassé de son grade de sous-officier quelques jours auparavant. Napoléon, informé de l’histoire, le fit appeler. « Sire, lui dit le hussard, je n’ai fait que mon devoir : mon capitaine m’avait cassé pour quelques fautes de discipline, mais il sait que je suis bon soldat ». Napoléon lui rendit ses galons de maréchal des logis.

 

Le 16 octobre, le régiment devait s’illustrer particulièrement à Elchingen. Dès le début de la journée, une charge hardie de nos hussards dégage notre infanterie en mauvaise posture mais leur coûte 55 tués ou blessés. Au cours d’une autre action, le chef d’escadron Domont se lance à la tête des hussards du 3e contre 2 bataillons ennemis qui ont avec eux 5 pièces de canon. Privés de leur chef qui tombe, frappé d’une balle au coup, les hussards font des prodiges en renouvelant leur charge ; finalement les 5 pièces de canon et les 2 bataillons sont pris. Ces attaques ont ébranle le moral de l’ennemi ; le colonel Colbert en profite et se précipite, avec ses cavaliers, contre une colonne d’infanterie. En peu d’instants elle est rompue, sabrée, 2 drapeaux sont enlevés, 1600 à 1800 hommes mettent bas les armes, un général et tous ses officiers sont faits prisonniers. Dans cette deuxième charge, le colonel Colbert ayant eu son cheval tué sous lui, remonte sur un cheval de trompette. A peine a-t-il rallié son monde qu’il arrive juste à temps pour sabrer, culbuter un corps de uhlans qui, après avoir bousculé nos premières lignes, se disposait à charger le 69e et le 76e formés en carrés. Là, chacun a donné un coup de sabre et Colbert lui-même tua un uhlan de sa main. Ces charges merveilleuses de la brigade Colbert furent pour beaucoup dans le succès de la journée.

Trompette, maître de musique et Hussard

du 3° Régiment en 1806

illustration de Knoetel

Le 13 octobre 1806, à Iéna, le régiment se porte au secours du 10e Chasseurs, chargé par trois régiments de cavalerie ennemie alors qu’il abordait la position de l’artillerie prussienne. Le 3 se précipite comme une trombe dans le flanc des escadrons saxons et prussiens et y porte un désordre indescriptible, même s’il est durement éprouvé lors de la charge. A l’issue de ce fait d’armes, le bulletin de la Grande Armée déclare « la cavalerie française a prouvé à Iéna qu’elle n’avait plus d’égale ».

 

Le 8 février 1807, à Eylau, le régiment ne participe pas à la mémorable charge de 80 escadrons, conduite par Murat, la plus importante charge de cavalerie jamais faite, mais son arrivée sur le champ de bataille (au sein du corps d’armée Ney) décide l’ennemi à battre en retraite. Le 14 juin, il se distingue à nouveau, lors de la bataille de Friedland, en débarrassant la plaine des cosaques qui menaçaient les derrières et la gauche de l’armée.

 

Le régiment est ensuite envoyé en Espagne où il ne cesse de prendre sa part de gloire et de misère dans les guerres de la Péninsule, jusqu’en 1813, s’illustrant par exemple à Alba de Tornès où le capitaine Coster s’empare d’un drapeau, ou encore en 1811 à Redinha où il perce la ligne anglaise et sème la mort dans les réserves ennemies (Redinha sera inscrit sur l’étendard du Second Empire).

Le régiment quitte finalement l’Espagne en septembre 1813 et participe glorieusement à la bataille de Leipzig. Ses pertes y sont telles qu’il est forcé de repasser le Rhin afin de former de nouvelles recrues à la hâte.

 

Ces mêmes jeunes recrues s’illustrent à l’instar de leurs anciens, lors de la bataille de Monterau où ils se jettent sur un colonne russe qui franchissait le pont et sauvent ainsi du désastre une armée française en retraite. En dépit de cette glorieuse victoire,la campagne de France se termine par la chute de l'Empire.

Le drapeau capturé par le CNE COSTER