l'armée d'armistice

L'armée d'armistice

 

 

 

L'armée d'Armistice

Le 3° Hussards est recréé au sein de l’armée d’Armistice en 1940 à Montauban. En effet, l’Allemagne autorise le maintien d’une petite armée française, articuliée en deux groupes de divisions à 4 divisions chacune, renforcées de deux brigades de cavalerie à deux régiments, formant la «réservé générale». La 2° brigade, comprenant les 2° et 3° Hussards, est subordonnée au groupe de division n°2, dont le PC se trouve à Montauban.

 

Les soldats de Vichy attendent et préparent la revanche, en prenant exemple sur la Reichswehr de 1918. Ils sont persuadés que le Maréchal Pétain a un plan, qu’il saura organiser le redressement de la France et s’accrochent à l’illusion que son action a sauvé la France d’une invasion complète. L’esprit de discipline est particulièrement cultivé dans cette troupe issue de la défaite et l’instruction est menée avec d’autant plus de rigueur que la situation est difficile.

 

Suite à l’invasion de l’Afrique du Nord par les Américains, la Wehrmacht franchit la ligne de démarcation et la France se retrouve entièrement occupée. Toute l’armée d’Armistice est immédiatement dissoute. Lé 29 novembre 1942, le désarmement de la France est achevé.

 

Une partie des soldats du 3° Hussards rejoint alors le maquis du Tarn et Garonne.

le 3° Hussards s’exerce à la charge à cheval

(ECPA - 1942)

 

Le troisième drapeau...

Le 11 novembre 1942, à l'aube, les chars allemands franchissent la ligne de démarcation et se ruent vers le sud. Ils pénètrent dans les villes, occupent les points stratégiques, désarment les garnisons de l'armée d'armistice. Les habitants de Montluçon, de Clermont-Ferrand, de Saint­Etienne, à l'heure du petit déjeuner, regardent progresser dans le jour sale les colonnes motorisées de la Wehrmacht et des Waffen SS. Ils voient les feldgendarms avec leur plaque métallique sous le menton, régler la circulation en agitant leur bâton à disque. Le soir du 11 novembre, les chars allemands sont déjà à Toulon, rien ne s'est opposée à sa progression. L'armée a reçu l'ordre de rester dans ses cantonnements et la Résistance naissante est loin d'être capable de s'opposer aux forces de l'Axe.

 

Les Allemands désarment les régiments de l'armée d'armistice, qui est aussitôt dissoute. A Montauban, dans la tourmente, l'étendard est oublié dans le bureau du chef de corps, dans lequel s'installa le commandant d'une unité allemande. Le chef d'escadrons Lartigaut, alors en service au régiment, s'infiltra de nuit dans le quartier puis pénétra à pas de loup dans le bureau. Alors qu'il allait s'emparer de l'étendard, le plancher grinça et le commandant allemand, dans un demi-sommeil, l'interpella. Heureusement pour lui, le CES Lartigaut avait entendu lors des formalités de l'après-midi le nom de l'ordonnance. Parlantparfaitement l'allemand, il se fit passer pour celui-ci et put s'échapper avec l'étendard, pendant que le commandant allemand se rendormait.

 

Cet étendard fut ensuite caché dans une grange isolée dans les collines par le neveu du CES Lartigaut, une unité allemande ayant été déployée dans le village où résidait le commandant.

 

Une nouvelle fois, la témérité d'un hussard avait permis la prise d'un drapeau. Il avait fallu les heures sombres de l'occupation pour qu'il ait à s'emparer de son propre emblème !

 

Ces faits ont été rapportés par le neveu du CES Lartigaut au MCH SAVY en 2003, alors en service au 1-2 Chasseurs, qui a eu la bonté d'écrire au chef de corps du régiment pour lui relater cet épisode quelque peu rocambolesque.