Historique

250 ans au service de la France

 

Cette partie du site présente l'histoire du régiment depuis sa création en 1764.

Créé le 10 février 1764 par le comte hongrois Valentin Ladislas Esterhazy, Esterhazy Houzards est le quatrième régiment régulier de hussards créé sous l’Ancien Régime. Il est formé d’un escadron de chacun des trois autres régiments de Hussards déjà existants (Bercheny, Chamborant, Royal Nassau) et prend garnison à Phalsbourg. La guerre de 7 ans venant de prendre fin, il n’est engagé dans aucune campagne majeure jusqu’à la Révolution, mais participe à la garde des places fortes frontalières. Au cours de cette période, il s’installe pour la première fois de son histoire à Metz en 1777.

 

A compter du 1er janvier 1791, le régiment perd le nom de son fondateur et devient « 3e régiment de Hussards ». Il participe activement aux campagnes de la Révolution, engagé au sein de l’Armée du Nord en 1792, de l’Armée de la Moselle entre 1793 et 1799 et de l’Armée des Pyrénées orientales en 1793 (il s’agit d’escadrons du régiment, celui-ci, par son statut de cavalerie légère, n’étant pas utilisé de manière groupé). Le 20 septembre 1792, il participe à la bataille de Valmy (où il est l’un des rares régiments à réellement combattre).

 

Affecté à la 2e division de cavalerie en 1798, le régiment participe activement aux campagnes du Consulat, au sein de l’armée de Mayence, en Hollande, en Belgique. En 1799, on le retrouve dans l’armée du Rhin, puis dans les Armées du Nord, de l’Ouest et du Rhin à nouveau. Au cours de ces nombreuses campagnes, le régiment se forme une belle réputation au sein des régiments de cavalerie.

 

Napoléon préconisant l’emploi de la cavalerie légère aussi en reconnaissance de façon dispersée que sur le champ de bataille de façon plus groupée, l’épopée impériale voit le régiment écrire quelques unes des plus belles pages de son histoire. En 1805, il se distingue à la bataille d’Elchingen où il s’empare, au prix de couteuses pertes, de deux drapeaux et de deux cents prisonniers. En 1806, il est engagé à Iéna où sa bravoure est soulignée dans le bulletin de la Grande Armée : « Le général de Colbert, à la tête du 3e régiment de Hussards et du 10e Chasseurs, a fait sur l’infanterie ennemie plusieurs charges qui ont eu le plus grand succès (…) La cavalerie française a prouvé à Iéna qu’elle n’avait plus d’égale. » En 1807, il ne participe pas à la grande charge de cavalerie conduite par Murat à Eylau, mais son arrivée sur le champ de bataille en fin de journée décide finalement du sort des armes, contraignant l’ennemi à la retraite. Quelques mois plus tard, il se distingue de nouveau à la bataille de Friedland où les hussards font merveille contre les cosaques.

 

En 1808, le régiment fait partie du corps expéditionnaire envoyé mater l’insurrection espagnole. La bataille de Tuleda, en novembre, se solde par la prise de 30 canons, 10 000 tués et 3 000 prisonniers. En janvier 1809, la brigade Colbert (composée du 3e Hussards et du 10e Chasseurs) perd son chef charismatique sous les murs de Calcabellos, tué en entrainant ses hommes à la charge. Les Hussards du régiment porteront pendant trois ans un crêpe noir à leur shako et sur leurs étendards. La campagne se poursuit jusqu’en 1810, le régiment se distinguant encore à de nombreuses occasions.

 

En 1810, il est affecté à l’Armée chargée de soumettre le Portugal, d’où les Anglais harcèlent l’Espagne. En dépit de nombreuses victoires, la situation des Français dans la péninsule ibérique se détériore sous la pression anglaise. Le régiment quitte finalement l’Espagne en 1813 pour retourner en Allemagne et se distingue lors de la bataille de Leipzig en chargeant à de nombreuses reprises l’infanterie du Prince Auguste, au prix de très lourdes pertes. En 1814, le régiment est engagé dans la campagne de France et s’illustre tout particulièrement à Montereau. Cette victoire n’empêche finalement pas la défaite de la France et le rétablissement de la monarchie. Au cours des Cent Jours, le régiment combat aux environs de Blefort mais ne participe pas à la bataille de Waterloo.

 

A l’inverse de la phase très dense qui vient de se dérouler, la période entre la fin de l’Empire et la première Guerre Mondiale est globalement assez calme pour le 3e Hussards, qui se distingue cependant lors de l’expédition d’Espagne en 1823, de la guerre de 1870 et de deux séjours en Algérie (1861-1865 et 1875-1877). Sous la Restauration, le régiment prend le nom de Hussards du Dauphin (1814) puis Hussards de la Moselle (1815-1825). Lors de l’expédition espagnole, le régiment se distingue à la bataille de Tramaced. En 1861, il part pour la première fois pour la terre africaine où il participe aux opérations de pacification de la région. Engagés aux côtés des spahis dans les colonnes qui sillonnent le pays, le régiment participe au rétablissement de l’ordre et met fin aux razzias qui ruinent les exploitations agricoles. Il se distingue tout particulièrement à la bataille d’Aïn Malakoff où les 2e et 4e escadrons sont cités à l’ordre de la colonne. En 1865, le régiment retourne en France et multiplie les garnisons.

 

Lors de la campagne de 1870, le régiment participe aux missions de reconnaissance face à l’armée allemande. Echappant à l’encerclement de Sedan, il se replie à Versailles puis est versé au petit corps d’armée qui s’engage dans la campagne de Normandie. Le sous-lieutenant Beuve s’y distingue en chargeant deux escadrons de uhlans à la tête d’une patrouille de hussards, n’échappant à la mort que par miracle. Le régiment poursuit les combats jusqu’à la capitulation française du 1er mars 1871. En 1875, le régiment repart pour l’Algérie, mais n’y reste cette fois que deux années. Il rentre en France en 1877 où il reprend une vie de garnison jusqu’à la veille de la Grande Guerre.

 

En 1914, le régiment est en garnison à Senlis. Il est affecté à la 3e brigade légère de la 3e division de cavalerie, au sein du corps de cavalerie du général Sordet. Il laisse à Senlis les 5e et 6e escadrons, de réserve, qui sont affectés au 3e groupe de la 56e division d’infanterie de réserve. Conduisant sa mission principale de reconnaissance en avant des troupes, le régiment entre en Belgique au début du mois d’août. Le début du conflit est marqué par un très grand nombre de combats de rencontre, au cours desquels les Hussards se distingue. Le 1er escadron est cité à l’ordre du régiment le 13 à l’issue d’une brillante rencontre. Vers la fin du mois d’août, après la défaite de Charleroi, les armées françaises entament une difficile retraite. Les régiments de cavalerie reçoivent pour mission de couvrir cette retraite qui ne s’arrête qu’avec la bataille de l’Ourcq, au cours de laquelle le régiment patrouille sur le flanc gauche des armées, pour éviter tout contournement. Au cours d’une de ces patrouilles, le CNE SONNOIS et le MDL NOURY s’emparent du drapeau du 94e Landwher.

 

A la suite de ce coup d’arrêt commence la course à la mer, au cours de laquelle la cavalerie reçoit pour mission d’empêcher les armées allemandes de contourner le front français au fur et à mesure que celui-ci s’étend vers l’ouest. Au cours de ces incessants mouvements, le régiment participe notamment aux violents combats autour de Roye, en Picardie. La course à la mer se termine avec les batailles d’Ypres et de l’Yser où le régiment agit essentiellement en qualité de réserve.

 

La guerre des tranchées s’installe et le régiment passe une grande partie de la guerre démonté, même si à de rares occasions il remonte dans l’espoir d’une percée à exploiter. Le régiment se distingue dans les tranchées de la Somme. En 1917, les Allemands commençant à retraiter, le régiment remonte à cheval et est de nouveau employer pour éclairer l’avancée alliée. En mai cependant, la percée espérée échoue et le régiment retourne aux tranchées.

 

En mars 1918, une gigantesque offensive allemande se déclenche, menaçant Amiens, le régiment fait partie des troupes envoyées en catastrophe pour fermer la voie aux Allemands. Il parcourt plus de 400kms en 4 jours et s’installe au Mont Kemmel où de très violents combats ont lieu. Une nouvelle offensive sur l’Ourcq fin mai voit le régiment à nouveau engagé autour de Nanteuil le Haudouin. De nouveaux de très violents combats étrillent le régiment, qui perd notamment le LCL GUERARD, commandant le régiment à pied.

 

Au mois de juillet, le régiment est engagé sur la Marne, puis en Champagne en septembre avant d’être lancé en Lorraine. C’est à Vaucouleurs que les Hussards apprennent l’Armistice. Installé à Metz, le régiment participe à l’occupation de l’Allemagne de décembre 1918 à octobre 1919, date à laquelle il s’installe à Strasbourg. Pour son action dans la Grande Guerre, le régiment est deux fois cité à l’ordre de l’armée et reçoit la fourragère de la croix de guerre 14-18.

 

De 1919 à 1939, le régiment vit une vie de garnison entre Strasbourg (EM et 5 escadrons), Sarreguemines (un groupe d’escadrons) et Wissembourg (un groupe d’escadrons). En 1939, à la déclaration de guerre, le 3e Régiment de Hussards disparaît en tant que tel pour se répartir et donner naissance à cinq Groupes de Reconnaissance :

•16e Groupe de Reconnaissance de Division d’Infanterie (16e GRDI)

•32e Groupe de Reconnaissance de Division d’Infanterie (32e GRDI)

•46e Groupe de Reconnaissance de Division d’Infanterie (46e GRDI)

•94e Groupe de Reconnaissance de Division d’Infanterie (94e GRDI)

•15e Groupe de Reconnaissance de Corps d’Armée (15e GRCA)

 

Rapidement mis sur pied, ils se signalent par leur agressivité, leur esprit de dévouement et de sacrifice tout au long de la campagne de France. Faisant partie de l'armée d'armistice, en garnison à Montauban, il est dissous lors de l'invasion de la zone libre par l'armée allemande en novembre 1942. Son étendard est sauvé et échappe aux occupants. Une partie du personnel du régiment rejoint alors les maquis du Tarn et Garonne où est créé le groupe d'escadrons du 3e régiment de Hussards qui sera intégré à la 1re armée du général de Lattre de Tassigny dès le débarquement de Provence en août 1944 et participera aux combats des Vosges et d'Alsace. Le 1er janvier 1945, à Nancy, le 3e Hussards est recréé avec ces maquisards et de jeunes recrues et poursuit la campagne jusqu'à la fin de la guerre. Son attitude au combat lui vaut l'attribution de la croix de guerre 39-45.

 

Après un bref passage à Roanne le régiment part au Maroc au printemps 1947 où son séjour à Meknès ne durera que huit mois. Il regagne la métropole et arrive pour peu de temps au quartier Espagne à Auch. Début 1949, il s'installe à Alençon, où il tient garnison pendant six ans. En 1955, le régiment est désigné pour le Maroc et, à peine arrivé à Fes, il est immédiatement engagé dans des missions de pacification. Intervenant tout d’abord dans le triangle Rabat – Casablanca – Fes, il rejoint en 1956 la frontière avec l’Algérie, le long de laquelle il conduit de nombreuses patrouilles. Lorsque le chemin vers l’indépendance du Maroc est pris, le régiment rejoint l’Algérie, en mars 1958. De nouveaux, il est engagé dans des opérations de pacification à travers tout le territoire mais également dans la surveillance de la ligne Morice. Il se distingue lors de nombreux accrochages avec les rebelles.

 

En 1962, il retourne en France où il est dissous à Lunéville. Quelques mois plus tard, en février 1963, il est récréé et se substitue au 24e Régiment de Spahis à Pforzheim. Il commence une longue période de présence en Allemagne qui durera presque cinquante ans. Il agit tout d’abord en tant que régiment de reconnaissance de la 3e division de 1963 à 1968, puis du 2e corps d’armée jusqu’en 1990. Intégré à la brigade franco-allemande à sa création, il en est le régiment de cavalerie. Il reste stationné à Pforzheim de 1963 à 1996 puis à Immendingen de 1996 à 2011, où il partage la caserne du 295 Artillerie Bataillon. En 2011, le régiment rentre en France et s’installe à Metz.