d'un Empire à l'autre

D'un Empire à l'autre

 

 

Au début de la Restauration, le régiment change de nom et devient le régiment de Hussards de la Moselle, jusqu’en 1825. Il prend part à l’expédition d’Espagne en 1823 et se distingue lors de la prise de Pampelune. Le 8 octobre 1823, à Tramaced, les Hussards de la Moselle s’illustrent lors d’une charge brillante contre six escadrons espagnols, mettant la cavalerie ennemie en déroute. Le lieutenant Abel trouve la mort lors de la charge. Ce combat est le dernier de la campagne et conduit à la reddition des insurgés. Le régiment rentre en France au début de 1825 pour s’installer à Charleville. Jusqu’en 1861, il mène la vie des régiments métropolitains, de manœuvres et d’exercices, changeant souvent de garnison (comme tous les régiments à l'époque, et ce afin d'éviter le développement de complots royalistes qu'on soupçonnait les régiments d'organiser).

 

Premier séjour en Algérie

En 1861, il est envoyé en Algérie où il tient garnison à Blidah. Il participe à de nombreuses expéditions de présence et de pacification. En 1864, une insurrection générale se déclenche parmi les nomades qui entraine la mise sur pied de nombreuses colonnes. Les 2e, 4e et 5e escadrons du régiment sont réunis à la colonne du général Yusuf (le père des spahis). Ils sont cités à l’ordre de la colonne à l’issue du combat de Aïn-Zafrant.

 

En septembre, le 3e escadron est rattaché à la colonne et en octobre les 2e et 4e escadrons sont détachés à la colonne Liebert au sein de laquelle ils se distinguent au combat d’Aïn Malakoff. Dans son rapport au maréchal, le général Liebert souligne l’action des escadrons du régiment et cite notamment le lieutenant de Moncey, tombé à la tête de son peloton lors de la charge. En 1865, les escadrons regagnent Blidah, puis la France au mois de juillet. Pendant les cinq années qui suivent, le régiment retrouve la vie de garnison métropolitaine.

le LTN de Moncey, tué à Aïn Malakoff

La guerre de 1870

Le 19 juillet 1870, alors que la tension entre la Prusse et la France est à son comble, l’empereur Napoléon III, habilement manipulé par le chancelier prussien Bismarck déclare la guerre au royaume de Prusse. La Prusse va se servir de la guerre pour unifier tous les royaumes allemands derrière sa bannière et ainsi créer l’empire allemand (le reich). A la déclaration de guerre en 1870, le régiment fait partie de l’armée du Rhin, au sein de la 1ère brigade de la division de cavalerie du 1er corps.

 

Mal préparés, très inférieurs en nombre et très mal commandés, les Français sont sévèrement battus dans plusieurs batailles, où ils font cependant quelquefois preuve de panache. Les armées françaises se laissent encercler dans Metz et dans Sedan. Sedan (où s’est réfugié l’empereur, qui avait voulu prendre la tête des armées) capitule le 2 septembre, entraînant la proclamation de la Troisième République à Paris. Le régiment parvient à quitter Sedan avant que l’encerclement ne soit total et rejoint l’armée de Normandie. Au début du mois d’octobre, le régiment a perdu plus de 200 cavaliers. Il reprend alors ses missions de reconnaissance et plus qu’un engagement massif, connaît de très nombreuses escarmouches qui voient de petites patrouilles de hussards se heurter à des forces allemandes souvent supérieures en nombre, parfois avec succès. Ainsi le 2 octobre, le peloton du sous-lieutenant Bost met en déroute un escadron ennemi en tuant son capitaine, le 5 une patrouille met en fuite des cavaliers saxons.

 

Le fait d’armes qui symbolise le plus les combats menés par le régiment pendant cette guerre a lieu le 14 octobre, près du village d’Ecouis. Alors que les Prussiens interviennent en grande force pour couper la voie ferrée à Gisors, ils se heurtent à des éléments de la garde nationale et des hussards. Débordés, les Français sont contraints à la retraite, mais une patrouille de hussards, commandée par le sous-lieutenant Beuve, se retrouve isolée. Tentant de sortir du village, la patrouille se trouve confronté à deux escadrons de Uhlans qui terminent d’encercler le village. En passe d’être cerné, le sous-lieutenant se tourne vers ses hussards et se serait écrié « Mes amis, c’est la captivité en Allemagne ou la mort ici. Qui peut me suivre ? » « Présent !!!» répondent d’une seule voix les hussards. Ils chargent furieusement et parviennent à tailler leur route, le sabre à la main, au travers des lignes du premier escadron. Ils ne sont que sept à en réchapper. Ils tentent alors de se frayer un chemin dans le deuxième escadron. Au cours de la mêlée effroyable qui s’ensuit, Beuve, blessé à deux reprises à la tête, est laissé pour mort dans un fossé et ses hussards tombent les uns après les autres. Par chance, les uhlans, redoutant la proximité des lignes françaises, finissent par détaler. Beuve, aidé par le trompette Samson, parvient à rallier les avant-postes français.

 

Un monument a été érigé en 1872 à la mémoire de ce fait d'armes et restauré en 2003 par les hussards du 2e escadron.

charge du sous-lieutenant Beuve à Ecouis

Dessin original à la plume, auteur J.Marmandre (amicale du 8°hussards)

réalisé spécialement pour un article de M. Alazet sur le 3e hussards dans la guerre de 1870

 

 

Signalons encore les combats de St Romain de Colbosc, où six hussards commandés par le maréchal des logis Bertrand mettent en déroute une patrouille du 10e dragons prussiens, avant de se retrouver face à trois pelotons des dragons de la reine Augusta (70 à 80 cavaliers). Ayant épuisé leurs munitions, ils attirent les dragons en terrain découvert et, sans hésiter, les chargent, parvenant par miracle à culbuter les premiers rangs. L’arrivée inopinée d’une compagnie de francs tireurs fait basculer l’engagement en faveur des Français et provoque la fuite des Prussiens.

 

Ce qui reste des armées françaises tente de résister et parvient à faire reculer l'ennemi, notamment sur la Loire et dans le Nord. Mais, très affaiblies, elles doivent battre en retraite sur tous les fronts. Face à la déroute, le gouvernement de la Défense nationale demande l'armistice. Un armistice est signé le 28 janvier 1871, dix jours après la proclamation, à Versailles, de Guillaume comme empereur allemand.

lieutenant du 3° Hussards en tenue de campagne (1870)

aquarelle de René Louis

 

Retour en Algérie

Après une profonde réorganisation, le régiment stationne quelques temps en France. En 1873, le régiment doit envoyer un escadron en Algérie pour concourir à la formation du 11e régiment de Hussards. Ce sera le 2. En mars 1875, le régiment rejoint à son tour l’Algérie, où il s’installe à Sétif. En avril 1876, le 3e escadron participe à l’expéridtion d’El-Amri. En septembre 1877, le régiment rentre en France où il reprend sa vie de garnison dans les villes de Verdun puis de Senlis.