1940

1940

 

 

La campagne de France

Le Groupement de Cavalerie est destiné à former à la mobilisation des Groupes de Reconnaissance. Aussi, dès la déclaration de guerre, le 3e Régiment de Hussards, en garnison à Strasbourg, est dissous. Il dispose alors, en plus de l’escadron hors-rang (l’ECL de l’époque) de 3 escadrons à cheval (1er, 2° et 5°), de 3 escadrons motorisés (3°, 6° et 7°) et d’un escadron mitrailleuses et canons (4°). Ils donnent naissance aux groupes de reconnaissance suivants :

 

  • 1er escadron (hippo) : 16° Groupe de Reconnaissance de Division d’Infanterie (GRDI)
  • 2° escadron (hippo) : 94° GRDI
  • 3° et 4° (moto) : 46° GRDI
  • 5° escadron (hippo) et 6° : 15° GRCA
  • 7° escadron (moto) : 32° GRDI

 

Rapidement mis sur pied, ils se signalent par leur agressivité, leur esprit de dévouement et de sacrifice tout au long de la Deuxième Guerre mondiale. Les nombreuses citations à l’ordre de l’armée et du corps d’armée obtenues par les groupes de reconnaissance tenant de la tradition “hussard” attestent de la qualité de leur engagement.

Le général Hubert citant le 15° G.R.C.A. à l’ordre du 20° Corps d’Armée met l’accent sur la tenue des groupes de reconnaissance durant la retraite: “Dans les périodes critiques, au cours de combats retardateurs, s’est véritablement sacrifié pour arrêter l’ennemi et couvrir notre infanterie. D’un courage et d’un moral dignes de la plus belle légende, a dominé son adversaire en toutes circonstance.” Encerclé le 22 juin 1940 lors d’une reconnaissance offensive dans les Vosges, le 15e GRCA détruit son armement avant d’être fait prisonnier.

Le 16° GRDI survit aux combats de 1940 mais est dissous après l’armistice. Reconstitué dans la résistance, il prendra part aux combats de la libération. La citation à l’ordre de l’armée du 16° G.R.D.I., signée par le général Weygand le 2 septembre 1940, porte: « Au cours de la retraite de l’Oise à la Vienne, a combattu sans trêve à l’arrière garde de la division (11e D.I) pour couvrir la retraite et garder le contact de l’ennemi. Magnifique troupe qui a fait honneur à la cavalerie française. »

Le 32° GRDI participent aux combats retardateurs de mai, est embarqué à Dunkerque, reconstitué après un débarquement à Cherbourg et est finalement fait prisonnier le 26 juin, après avoir participé à la défense de la citadelle de Calais.

Le 46° GRDI participe aux combats d’Epinal et de Portieux en juin, avant d’être fait prisonnier à Rambervillers.

Le 94° GRDI se bat dès septembre 39 en Moselle, puis en Belgique en mai 40. Il combat âprement dans la région d’Onhaye, où le lieutenant de Noircarme tombe le 14 mai 1940, en commandant le feu de son canon antichar contre un échelon de blindés ennemis. Le groupement continue de se battre jusqu’aux combats de la Capelle où le général commandant la 4° DINA fait finalement déposer les armes. Un certain nombre d’éléments isolés se regroupent et résistent héroïquement jusqu’à épuisement des munitions à Etreux et le Catelet.

Malgré l'ampleur de la défaite française, la campagne de France est loin d'être une promenade de santé pour l'armée allemandé, quel que soit le message que véhicula assez longtemps l'imaginaire collectif d'une armée française culbutée sans efforts.

 

Du 10 mai au 25 juin, l'armée française perd 160 000 hommes (40 000 morts et 120 000 blessés). Cela représente autant de morts qu'à la période de Verdun. La moitié des chars français ont été mis hors de combat, près d'un millier d'avions ont été abattus.

 

Grâce à la résistance française et au sacrifice consenti autour de Lille et de Dunkerque, les Britanniques ont pu rembarquer la presque totalité de leurs effectifs, qu'ils pourront rapidement redéployer en Afrique puis en Europe.

 

Surprise pendant la première phase des combats, l'armée française a su opposer une résistance vigoureuse à l'envahisseur. Elle lui tient tête en Belgique et lui inflige des pertes sévères à Hannut, à Gembloux ou encore à Stonne. Ce n'est malheureusement pas la valeur de ses soldats qui fait défaut à l'armée française que la qualité de ses chefs et leur incompréhension des évolutions de la guerre. Dépassé par la vitesse de l'armée allemande, ils ne parviennent pas à diriger leurs soldats qui se battent partout avec courage mais souvent de manière isolée.

 

L'écrasement est total, l'armée française qui se pensait la plus forte du monde à l'issue de la première guerre mondiale, est vaincue.