94° GRDI

Le 94° GRDI

 

 

Constitué le 22 août 1939 par le CMC20 à Strasbourg et Baccarat, le 94° GRDI procède également d’un noyau actif du 3° Hussards, autour du 2° Escadron du CNE SERIEYX. Initialement placé sous les ordres du LCL DUFOUR, il passe le 27 avril 1940 sous les ordres du CES de FRAGUIER.

 

Son insigne ne sera pas produit, le projet ne voyant le jour que peu de temps avant l’offensive allemande de mai 1940. Il aurait dû être de forme d’un écu français moderne d’azur à paysage de montagne bleu foncé au premier plan, symbolisant la ligne bleue des Vosges, surmonté d’une cigogne au naturel et de la cathédrale de Strasbourg pour rappeler la garnison du 3° Hussards. En chef, l’inscription 94° GRDI et en pointe une hongroise stylisée.

En revanche, pendant l’occupation, l’amicale du GRDI produira un insigne qui est celui qu’on trouve sous la désignation d’insigne du 94° GRDI. Il est de forme ovale, reprenant en fond les couleurs du 3° Hussards (gris argentin et cramoisi). Il est surmonté d’un rectangle de fond bleu ciel sur lequel on trouve la cathédrale de Strasbourg en noir, et un cheval sur la droite. En chef, l’inscription 94° et en pointe une hongroise stylisée.

Encadrement:

 

chef de corps: LCL DUFOUR puis CES de FRAGUIER (27/03/1940) puis CNE du CRAY (14/03/1940)

officier adjoint: CNE BERNAHARD puis CNE ARDOUIN

 

Escadron hors rang : CNE MICHEL puis LTN BOULLE (01/05/1940)

Escadron hippomobile : CNE SERIEYX puis LTN de LOIGIVIERE (04/05/1940)

Escadron moto : CNE MARCHAND puis LTN DREYER

Escadron de mitrailleuses et canons de 25 : CNE LOMULLER, LTN BRIDOUX puis CNE QUINIOU

Mis à la disposition de la 4° DINA (Division d’Infanterie Nord-Africaine) et plus précisément du COL MARION, du 2 au 20 septembre 1939, le GRDI participe tout d’abord à l’organisation défensive de Kreutzberg en Saare. Transféré dans l’Aisne, il intègre le groupement du COL PREAUD, rattaché à la 4° DLC. Il prend part le 10 mai à la bataille de rupture engagée par les Panzerdivisions allemandes en France et en Belgique et reçoit alors pour mission la défense des points de passage sur la Sambre. Il est ensuite mis à la disposition du colonel commandant le 19° Dragons et combat âprement dans la région d’Onhaye où le LTN de NOIRCARME tombe le 14 mai en commandant le feu de son canon antichar dirigé contre un échelon de blindés ennemis: coup sur coup, cinq chars sont détruits par sa pièce, mais au moment où il dirige le feu contre un sixième, un obus l’atteint en pleine tête, avant que son tireur ne fasse feu et ne le détruise finalement. A l’agent de liaison qui le réclame quelques instants plus tard «où est le LTN de NOIRCARME ?», son ordonnance répond «Monsieur de NOIRCARME ? Il n’est pas de ceux qui se baissent: il n’a plus de tête !»

 

Encerclé dans la Capelle, il reçoit l’ordre de déposer les armes le 26 mai 1940, tandis que des éléments isolés de l’EHR résistent jusqu’à épuisement de leurs munitions à Etreux et au Catelet. Les trains de combat régimentaires parviennent à se replier dans le Larzac. A sa dissolution, ne comptant plus que 3 officiers et 183 sous-officiers et cavaliers, le 94° GRDI aura perdu près de 75% de son effectif.