Iéna 1806

Iéna 1806

 

 

Les victoires de Napoléon en 1805 semblent aboutir enfin à la paix. L’Autriche désarme et l’Angleterre fait tout pour trouver un accord avec la France. Cet accord passe par le retour du royaume de Hanovre sous le contrôle de l’Angleterre alors qu’il était occupé par la Prusse en échange de sa neutralité avec la France. La réorganisation du Saint-Empire en confédération du Rhin est également très favorable à la France. Sous l’impulsion de la reine de Prusse, Louise, une nouvelle coalition contre la France se forme, réunissant la Prusse, la Russie, la Suède, la Saxe et le Royaume-Uni. Cette coalition adresse un ultimatum à Napoléon, lui enjoignant d’évacuer la rive droite du Rhin. Il y répond à sa manière, en envahissant la Prusse. Le 10 octobre, le maréchal Lannes repousse un corps prussien à Saafeld. Les Prussiens entament un repli en direction du nord que Napoléon compte bien prendre de vitesse. Il fait progresser ses troupes sur trois colonnes pour aller plus vite, tout en pouvant concentrer ses troupes rapidement en cas de confrontation. Il veut tourner la gauche prussienne et lui couper la route de Berlin avant que les Russes n’arrivent.

 

Le 13 octobre, Lannes parvient à Iéna que les Prussiens viennent d’abandonner. La vallée, très encaissée, est entourée d’une forêt assez dense et surtout, est dominée par un plateau au nord-ouest, que les Prussiens ne gardent pas, le jugeant inaccessible. Guidé par un prêtre saxon sur un sentier de berger, Lannes s’empare du plateau sans que l’ennemi ne s’en rende compte. Napoléon fait élargir le chemin et y fait monter son artillerie.

le maréchal Lannes

Les troupes de Napoléon s’infiltrent sur le plateau

La bataille commence dans le brouillard et les Prussiens, s’ils résistent sur leur flanc droit, ne parviennent pas à empêcher le corps de Soult de les bousculer sur leur flanc gauche. Repoussés sur toute la ligne, mais encore en bon ordre, les Prussiens cèdent la ligne Closewitz – Lutzeroda, puis Isserstedt – Krippendorf.

La ligne prussienne cède petit à petit, Ney (avec le 3e Hussards)

arrive sur le flanc gauche

le maréchal Ney

L’avant-garde du maréchal Ney arrive sur le champ de bataille, avec pour mission de faire taire l’artillerie. Ney se trompe de direction, et au lieu de s’engager à droite de Lannes, afin de couper les lignes prussiennes, il se glisse entre Lannes et Augereau. Apercevant la batterie Steinwehr, il fait charger le 10e Chasseurs (de la brigade Colbert, avec le 3e Hussards). Les Chasseurs bousculent les artilleurs et s’emparent de 13 canons. Mais, désorganisés par leur charge, ils sont chargés à leur tour par les cuirassiers de Henkel, les dragons de Prittwitz et les dragons saxons. Le 3e de Hussards, conservé en retrait, est alors lâché sur l’ennemi, qu’il prend de flanc, pendant que les voltigeurs et les grenadiers du maréchal Ney forment deux carrés pour recueillir les Chasseurs. Bousculés par les Hussards, les cuirassiers se retirent.

 

charge du 10e chasseurs et contre-charge du 3e Hussards

le général Colbert

En dépit de leur résistance féroce, les lignes prussiennes sont peu à peu enfoncées, séparées et repoussées. Napoléon réaligne son dispositif face à un ennemi qui se met en retraite. L’arrivée de la colonne du général von Rüchel est bien trop tardive pour changer le cours de la bataille face à l’élan des troupes impériales toujours plus nombreuses sur le plateau. La cavalerie de Murat s’élance sur ses traces et bouscule les fuyards, parvenant à capturer à l’entrée de Weimar l’artillerie et les bagages des Prussiens.

 

Les Prussiens perdent 12 000 hommes et 14 000 prisonniers, 40 drapeaux et 112 canons sont capturés. Combinée à l’écrasante victoire de Davout à Auerstaedt le même jour (où avec 27 000 hommes, il écrase les 57 000 soldats du duc de Brunswick), Iéna marque la défaite cinglante de l’armée prussienne. A la fin du mois, Napoléon entre dans Berlin. Dans le bulletin de la Grande Armée, l’action du régiment est soulignée en ces termes : « Le général de Colbert, à la tête du 3e régiment de Hussards et du 10e Chasseurs, a fait sur l’infanterie ennemie plusieurs charges qui ont eu le plus grand succès. (...) La cavalerie française a prouvé à Iéna qu’elle n’avait plus d’égale ».