Friedland 1807

Friedland 1807

 

Après la victoire mitigée d’Eylau, la campagne de Prusse se poursuit jusqu’au mois de juin. Suite à la victoire française de Heilsberg, Bennigsen se replie en direction de Friedland, afin de pouvoir repasser la rivière Alle et se rapprocher de Königsberg, sa base de départ. Les Français vont tenter de lui barrer la route. Adossé sur la rivière, Bennigsen s’est installé de part et d’autre de Friedland. Lannes est le premier au contact, et en étirant ses lignes au maximum, il parvient à tenir jusqu’à l’arrivée des renforts français. Grace à ses assauts répétés, l’ennemi est fixé, Napoléon peut manoeuvrer.

Vers midi, l’Empereur parvient sur le champ de bataille et, refusant de repousser au lendemain, jette les grandes lignes de son plan. Il veut s’emparer de Friedland et ainsi couper les deux ailes de l’ennemi pour les battre séparément. Mortier tout à gauche, est renforcé de cavalerie, avec pour mission de balayer la plaine entre Schwonau et Heinrichsdorf. Lannes au centre, Ney entre Posthenen et le bois de Sortlack, à droite. L’attaque principale ciblait la gauche de l’armée russe, entassée dans une étroite bande de terre entre le ruisseau du Moulin et la rivière Alle. L’attaque de Friedland se fera à pied, et la cavalerie légère du général Colbert est détachée auprès du général Grouchy sur la gauche française. Elle combat bravement les cosaques qui menacent de contourner les lignes françaises.

cavalerie cosaque

L’attaque commence plus tard, vers 17 heures. Napoléon saisit le bras du maréchal Ney et en désignant le village de Friedland, il lui dit : « Voilà votre but, marchez sans regarder autour de vous, pénétrez dans cette masse épaisse quoi qu’il puisse vous en coûter, entrez dans Friedland, prenez les ponts et ne vous inquiétez pas de ce qui pourra se passer à droite, à gauche ou à l’arrière. L’armée et moi sommes là pour y veiller. »

 

Ney part aussitôt au galop pour organiser son attaque. Ses forces avancent en direction de Friedland sous le feu de l’infanterie et des 100 canons ennemis, vomissant des milliers de boulets et de boîtes à mitraille. Le maréchal ordonne la marche en avant, l’arme au bras.

 

La fumée, provoquée par des milliers de fusils et de centaines de canons, couvre et masque les masses de l’adversaire. Si bien que la 3e division oblique trop à droite.

Ney ordonne à un colonel de l’appuyer à gauche. Mais pendant qu’il lui parle ce dernier se fait enlever par un boulet. Un commandant met aussitôt son chapeau au bout de son épée en criant : « Vive l’Empereur ! En avant ! » Un second coup arrive et le commandant tombe sur les genoux, les deux jambes coupées. Un capitaine succède et fait exécuter le même mouvement. Soudain, le maréchal Ney arrive en personne et encourage ses hommes à grands coups de « Foutres noms de Dieu ». La marche vers la ville reprend, l’ennemi est refoulé malgré l’intervention de la Garde impériale russe. « Cet homme, c’est un lion ! » s’écrie avec admiration Napoléon à Mortier.

Ney mène la charge

Le 6e corps est cependant arrêté par l’artillerie de Bagration. Les divisions Bisson et Marchand sont repoussées. L’arrivée du 1er corps et surtout de son artillerie, sous le commandement du général Senarmont qui sauve l’attaque. Tirant 2800 boulets à moins de 120m des lignes ennemies, elle décime les carrés russes à bout portant et repousse une charge de cavalerie. Ney repart à l’assaut, s’empare de Friedland et détruit les ponts.

 

 

 

Le flanc droit russe est culbuté dans la rivière par une charge à la baïonnette des troupes de Lannes et Mortier. La victoire est cette fois écrasante. Les pertes russes sont énormes : 6 500 morts et 2 500 blessés, 80 canons et 70 drapeaux pris, 10 000 prisonniers, car dans les deux jours suivant la bataille, les soldats russes, exténués, se couchaient dans les champs et se laissaient prendre. Les généraux russes supplient le Tsar de demander l’armistice. Le 7 juillet, Napoléon et le Tsar signent le traité de Tilsit, catastrophique pour la Prusse, qui marque l’apogée de la puissance française.