eylau 1807

Eylau 1807

 

 

Ayant contraint les Russes à la retraite, Napoléon chercha à pousser l’ennemi à un affrontement majeur et décisif. Ces derniers tentèrent de reprendre l’offensive. Napoléon essaya alors de les prendre de flanc et de les couper de leur base de Königsberg mais les Russes s’emparèrent d’une copie du plan et se replient sur Eylau. Parvenant au contact le soir du 7 février, Napoléon se décide pour une bataille majeure le lendemain, en dépit d’une armée fatiguée et très inférieure en nombre.

Ayant renforcé sa droite, Napoléon comptait tenir le secteur d’Eylau, situé au niveau de son centre et de sa gauche, avec à peine le tiers de ses effectifs. Le reste de ses forces devait enfoncer le flanc gauche russe et contraindre ceux-ci à refluer vers le Nord, vers la Baltique où ils seraient finalement anéantis. Pour leur part, les Russes avaient disposé leurs troupes en deux lignes, s’étirant sur près de 5 kilomètres, entre les villages de Schloditten et de Serpallen.

 

Dès les premières minutes de l’affrontement, l’artillerie russe ouvrit le feu en se concentrant plus particulièrement sur la division Saint-Hilaire et sur la Garde impériale. Après deux heures de bombardement intensif, les troupes du général Toutchkov, constituant la droite russe, lancèrent un violent assaut en direction du moulin Knoll afin d’enfoncer la gauche française, peu consistante. Contre toute attente, la gauche française supporta le choc et l’assaut fut repoussé. Au moment même où la gauche française supportait l’assaut, la droite, sous Davout, monta à l’assaut et prit possession du village de Serpallen.

les Russes tenus en échec sur le flanc gauche

et repoussés sur le flanc droit

l’échec de l’attaque d’Augereau

Vers 10h00, préoccupé par la faiblesse de sa gauche et la lente progression de sa droite, Napoléon décida d’engager son centre, dirigé par Augereau, contre le centre russe. Pris dans une violente tempête de neige, le centre français fut prit à partie de flanc par 72 canons russes qui réalisent un massacre. En une demi-heure, Augereau, blessé, perdit 900 tués et 4300 blessés. Désireux de pousser leur avantage, les Russes contre-attaquèrent les troupes d’Augereau à l’aide de cavalerie et d’infanterie et parvinrent à creuser une brèche entre le centre et la droite française.

 

La déroute française semblant proche, le commandant en chef russe, Benningsen, lança la Garde russe à l’assaut du cimetière d’Eylau. 4000 grenadiers russes, soutenus par 9000 soldats d’élite du Tsar, montèrent à l’assaut à la baïonnette. Napoléon, alors dans le cimetière d’Eylau, décida de ne pas reculer et fit donner la Garde (une première dans l’histoire de l’Empire, signe que la situation est critique). Il lui donna l’ordre de ne pas tirer mais de charger à la baïonnette. La colonne russe fut stoppée mais la situation était dramatique.

les Russes montent à l’assaut du cimetière d’Eylau

" nous laisseras-tu dévorer par ces gens-là ? "

Murat lance la plus grande charge de cavalerie de l’histoire

 

En début de soirée, les deux adversaires, saignés à blanc, tentèrent de remettre de l’ordre dans leur dispositif. Benningsen, fortement affaibli, ne tenta plus de nouvel assaut. Pour sa part, Napoléon, qui ne disposait plus que de 3500 hommes frais de la Garde, décida d’attendre l’arrivée de Ney sur le champ de bataille pour tenter de reprendre l’initiative, mais ce sont les Prussiens de Lestocq qui rejoignent les premiers le champ de bataille.

L'arrivée de Ney met fin à la bataille

 

A l’arrivée des Prussiens (10 000 hommes), Benningsen relança les combats sur son aile gauche afin de contraindre Davout à la retraite mais celui-ci résiste. En fin de journée, le 6e corps de Ney (auquel était rattaché le 3e de Hussards) arriva enfin et s’empara immédiatement de Schloditten. Incapable de bousculer la droite française, menacée par Ney sur sa gauche, Benningsen décida de retraiter mais n’hésitera pas à proclamer qu’il a vaincu Napoléon. Ce futt de toute façon une victoire à la Pyrrhus, avec près de 10 000 tués ou blessés chez les Français, 12 000 morts et 14 000 blessés qui mourront faute de soin chez les Russes. Même s’il a été très lourdement entamé, Benningsen s’est replié en bon ordre, l’épuisement empêchant les Français de le poursuivre. De son côté, Napoléon fut sérieusement ébranlé par ce qui avait failli être un désastre.